D'où viennent les acouphènes
L'acouphène n'est pas une maladie : c'est un symptôme, et il a rarement une seule origine. Chez une grande partie des patients, le bilan ORL ne retrouve aucune cause précise, ce qui ne signifie pas qu'il n'y en a pas — seulement que les examens disponibles ne la voient pas. Voici les mécanismes que la médecine identifie le plus souvent, et ce que chacun implique pour la suite.
- Le bruit
- La cause la mieux documentée. Un concert, une scie circulaire, quinze ans de casque à volume élevé : au-delà de 85 décibels, l’exposition répétée abîme l’oreille interne. Les cellules ciliées de la cochlée ne se régénèrent pas, et le sifflement qui suit un traumatisme sonore peut s’installer pour de bon.
- L'âge
- La presbyacousie est la baisse d'audition liée à l'âge : elle commence par les aigus, avance sans se faire remarquer et s'accompagne fréquemment d'acouphènes. Le mécanisme est connu. Moins l'oreille envoie d'information, plus le cortex auditif augmente son propre gain — jusqu'à « entendre » un son que personne n'émet.
- Le stress et la fatigue
- Le stress ne crée pas l’acouphène, il le rend plus envahissant. Le cortex auditif est directement relié aux zones qui traitent l’émotion : quand le cerveau classe ce son comme une menace, il le surveille, et plus il le surveille, plus le son occupe le premier plan. C’est un cercle vicieux bien décrit, et c’est celui sur lequel on peut agir le plus vite.
- Le cérumen et les troubles de l'oreille
- Un bouchon de cérumen, une otite, une otospongiose, un trouble de l'articulation de la mâchoire ou une tension cervicale peuvent suffire. Ce sont les bonnes nouvelles du bilan ORL : ces causes-là se traitent, et l'acouphène repart souvent avec elles. Le coton-tige, lui, pousse la cire plus loin — il fabrique le bouchon qu'il prétend retirer.
- La tension artérielle et les médicaments
- Une hypertension mal contrôlée se manifeste parfois par un acouphène pulsatile. Et la liste des médicaments toxiques pour l'oreille est longue : aspirine à forte dose, anti-inflammatoires non stéroïdiens, certains antibiotiques, certains diurétiques. Avant de chercher plus loin, relisez votre ordonnance avec votre médecin.
- Les atteintes de l'oreille interne et du nerf auditif
- La maladie de Ménière associe des acouphènes graves, une baisse d'audition fluctuante, des vertiges et des troubles de l'équilibre. Une labyrinthite, une surdité brusque, plus rarement un neurinome de l'acoustique — une tumeur bénigne du nerf auditif — donnent des symptômes auditifs d'un seul côté. Ce sont des situations rares, mais ce sont elles que le bilan ORL cherche à écarter en premier, et c'est pour cela qu'une perte auditive unilatérale conduit à une IRM. Ces diagnostics ont leurs propres traitements, et aucun ne passe par un complément alimentaire.